Qu’est-ce que le clivage en psychologie ?
Le clivage prend la forme d’un mécanisme psychique qui tient notre réalité en deux pôles opposés : d’un côté, le bon, de l’autre, le mauvais. Cette division tranchée, dépourvue de nuances, permet à la psyché de simplifier un monde complexe et potentiellement menaçant. C’est ce qui peut potentiellement toucher les personnes atteintes d’hypersensibilité, elle peuvent ressentir cette anxiété du monde dans lequel, elles vivent.
La notion de clivage a été étudiée sous différents angles. Freud le considérait comme un moyen de séparer des idées contradictoires afin d’éviter les conflits internes. De son côté, Mélanie Klein l’associait à une division des objets internes, permettant au sujet de se protéger en projetant ses angoisses sur des éléments extérieurs. Ce processus se déclenche fréquemment face à des situations stressantes ou traumatisantes, lorsque la réalité devient trop difficile à affronter.
Dans la vie quotidienne, le clivage se manifeste de manière subtile mais fréquente à travers plusieurs comportements :
- Idéalisation suivie de rejet : Une personne peut être perçue comme parfaite, puis totalement rejetée à la moindre déception.
- Vision extrême des relations : Chez certains enfants, l’image des parents oscille entre amour absolu et rejet violent.
- Simplification psychique : La tendance à classer les individus et les situations en “tout bon” ou “tout mauvais” empêche d’appréhender la complexité des relations humaines.
Ce mécanisme peut être fréquent chez les empathes sombres et reflète un besoin de simplifier la réalité en évitant les nuances, ce qui peut influencer nos interactions de manière rigide et polarisée.
Le clivage agit comme un filtre polarisant sur notre perception du monde. Il transforme notre vision en un dualisme radical : tout est soit entièrement bon, soit entièrement mauvais. Cette dichotomie affecte non seulement notre perception de nous-mêmes, mais aussi celle des autres et de notre environnement (exemple : accompagner une personne atteinte d’Alzheimer en fin de vie).
Dans le domaine des troubles de la personnalité, le clivage joue un rôle prépondérant. Les personnes souffrant de troubles borderline ou de narcissisme, par exemple, ont tendance à diviser leurs expériences et leurs relations de manière extrême. Cette tendance complique considérablement leurs interactions sociales et affectives.
Imaginez une relation amoureuse où votre partenaire passe du statut d’âme sœur parfaite à celui de pire ennemi en un instant. C’est le clivage qui entre en jeu, créant des connexions instables et souvent marquées par l’angoisse et la rupture. Ce mécanisme, bien qu’il serve de bouclier psychologique, maintient un certain inconscient refoulé qui entrave notre capacité à établir des relations profondes et équilibrées.
Clivage et santé mentale : quand devient-il problématique ?